Inflorescences

Articles

Catégorie Coups de gueule:

Cette catégorie regroupe tous les coups de gueule que j'ai envie de donner, envers ce que je considère comme injuste ou inepte.


Aung San Suu Kyi

Les occasions sont multiples de s'énerver et de s'indigner tout au long de l'année. Mais aujourd'hui je veux pousser un coup de gueule en faveur de Aung San Suu Kyi, opposante à la junte militaire au pouvoir en Birmanie. Son incarcération injustifée remet dans l'actualité, la question du respect des principes démocratiques. 
D'accord, mon intervention ne changera rien à ce qui se trâme dans ce pays. Mais je voulais m'en ouvrir. Ceux qui le souhaitent peuvent signer une pétition en ligne adressée à Monsieur Ban Ki-moon, Secrétaire Général de l'ONU sur le site 
http://www.info-birmanie.org/     

Extrait du Courrier de l'Unesco, mars 1995, pp 5 à 8 – discours écrit par Madame Aung San Suu Kyi et prononcé le 21 novembre 1994 à Manille au nom de l'auteur et à sa demande par Madame Corazon Aquino, Présidente de la République des Philippines.

 La démocratie, patrimoine commun de l'humanité

"La culture de paix est un idéal qu'aucun gouvernement, aucune nation (même la plus belliqueuse) n'oserait contester. Personne ne remet non plus en cause l'étroite interdépendance qui existe entre la culture de paix et la culture de développement. Par contre, on peut se demander jusqu'à quel point les gouvernements sont disposés à reconnaître que la démocratie et les droits de l'homme sont indissociables de la culture de paix et par conséquent indispensables à un développement viable. De nombreux exemples prouvent que la culture et le développement peuvent servir de prétextes pour résister aux demandes en faveur de la démocratie et des droits de l'homme. Chacun sait que certains gouvernements vont jusqu'à faire valoir que la démocratie est une idée occidentale étrangère à leurs propres systèmes de valeurs; on a souvent prétendu aussi que le développement économique est incompatible avec les droits politiques (c'est-à-dire avec la démocratie) et que, dans ce cas, c'est forcément l'économique qui prime. Devant de tels arguments, il convient d'examiner et de définir soigneusement les notions de culture et de développement pour éviter qu'elles ne soient utilisées, ou plutôt détournées, en vue de contrarier les aspirations des peuples à des institutions démocratiques et aux droits de l'homme."


Aung San Suu Kyi, née le 19 juin 1945 à Rangoon en Birmanie (actuellement Myanmar), est l'emblème de l'opposition birmane à la dictature militaire. Elle s'est fait connaître du grand public en recevant le prix Nobel de la paix en 1991 pour ses actions non violentes. Elle est secrétaire générale de la Ligue nationale pour la démocratie de son pays (LND), qui s'oppose à la dictature en place. Actuellement emprisonnée par la junte militaire au pouvoir, elle ne peut exercer son activité politique. 
Ces derniers temps, son état de santé s'est dégradé. Selon son assistante médicale, elle soufre de déshydratation et ne s'alimente plus. Pour couronner le tout, depuis le 07 mai 2009, Aung San Suu Kyi et son médecin personnel ont été incarcérés par les autorités birmanes, au prétexte qu'elle aurait violé les règles de son assignation à résidence en accueillant un américain chez elle. Elle est actuellement jugée pour ces faits, et risque cinq ans d'emprisonnement. Cette sentence arrange bien la junte militaire en place, qui l'écarterait ainsi des élections prévues en 2010.


Sa biographie
 
L'enfance et les études 


Aung San Suu Kyi est la fille du leader de la libération birmane, le général Aung San, qui a négocié l'indépendance de la Birmanie en 1947. Il est assassiné par des rivaux la même année. Sa fille Aung San Suu Kyi a seulement deux ans lors de la mort de son père. Elle vit avec sa mère et ses deux frères à Rangoon, la capitale du pays. Sa mère, Daw Khin Kyi, commence à s'engager dans les milieux sociaux et publics, gagne peu à peu une certaine importance dans le paysage politique du gouvernement des années 1950 et 1960, puis est nommée ambassadrice de la Birmanie à Dehli en Inde. Suu Kyi étudie à l'École anglaise catholique de Birmanie puis rejoint sa mère en Inde afin de terminer ses études secondaires au Collège Lady Shri Ram à New Dehli en 1964.
Suu Kyi déménage ensuite en Grande Bretagne, où elle suit un cursus de philosophie, politique et économie au St. Hugh's College d'Oxford de 1964 à 1967. Elle terminera ses études par un doctorat à la School of Oriental and African Studies de Londres. En 1972, elle se marie à Michael Aris. En 1973, Suu Kyi donne naissance à son premier enfant, Alexander. En 1977, elle a un second enfant, Kim, né à Oxford. Suu Kyi vit alors entre le Royaume Uni et le Bhoutan, pays où réside son mari qui, à cette époque faisait une étude sur l'Himalaya et le Tibet.


Les débuts politiques  


Âgée d'à peine 24 ans, la jeune étudiante déménage pour New York en 1969, entame un second cycle d'études supérieures et devient secrétaire-assistante du Comité des questions administratives et budgétaires des Nations Unies. En 1988, Aung San Suu Kyi retourne vivre en Birmanie pour s'occuper de sa mère vieillissante. Cette année-là, le général Ne Win, leader du parti socialiste au pouvoir perd peu à peu le contrôle du pays. Des manifestations éclatent dans tout le pays afin d'obtenir plus de démocratie, elles sont violemment réprimées par l'armée. Une nouvelle junte militaire prend le pouvoir. Fortement influencée par la philosophie non violente du Mahatma Gandhi, Suu Kyi entre petit à petit en politique afin d'oeuvrer pour la démocratisation du pays. Elle participe à la création de la Ligue nationale pour la démocratie le 27 septembre 1988, qui promeut des réformes politiques en Birmanie. Suu Kyi est ensuite présidente de la LND et devient un symbole du désir populaire pour la liberté politique.
Elle est arrêtée le 20 juillet 1989. Le gouvernement militaire lui propose la liberté à condition qu'elle quitte le pays, ce qu'elle refuse. Elle est mise plus tard en liberté « surveillée ».


La détention en Birmanie


En 1990, sous la pression populaire, la junte met en place des élections générales, qui sont gagnées très largement par le parti de Suu Kyi, la LND. Alors qu'elle s'apprête à occuper le poste de premier ministre, les militaires refusent le scrutin et annulent le résultat des élections. Cela provoque un scandale au niveau international. Suu Kyi reçoit cette année-là le prix Sakharov et le prix Rafto, puis le prix Nobel de la paix l'année suivante. Elle reçoit la somme de 1,3 million de dollars qu'elle utilise pour établir un système de santé et d'éducation pour le peuple de Birmanie.
Elle est libérée de sa détention surveillée en juillet 1995. Cependant, si elle devait quitter le pays afin de rendre visite à sa famille en Grande Bretagne, elle se verrait refuser le droit de revenir en Birmanie. En 1997, son mari Michael Aris est atteint du cancer de la prostate. Malgré cela, le gouvernement birman lui refuse le droit d'entrer dans le pays pour visiter sa femme. La junte militaire essaie clairement de faire partir Suu Kyi afin de s'en « débarrasser ». Suu Kyi ne reverra jamais son mari qui meurt en 1999. De plus elle reste séparée de ses enfants, qui vivent toujours au Royaume-Uni.
A plusieurs reprises, elle se voit refuser le droit de rencontrer les membres de son parti. En septembre 2000, elle est emprisonnée une fois de plus. Après une négociation secrète entre les Nations unies et la junte militaire, elle est libérée le 06 mai 2002. Suu Kyi a alors déclaré : « C'est une nouvelle ère pour le pays ».
Pourtant, un an plus tard, le 30 mai 2003, sa caravane est attaquée dans le village de Depayin par un groupe paramilitaire payé par la junte au pouvoir. Beaucoup de ses supporters sont tués ou blessés durant cette embuscade. Suu Kyi réussit à s'échapper grâce à son chauffeur Ko Kyaw Soe Lin, mais est arrêtée un peu plus tard. Elle est alors à nouveau emprisonnée à la prison de Insein à Rangoon. Elle est ensuite transférée en maison d'arrêt en septembre 2003 à cause de ses problèmes de santé et d'une hystérectomie.
En mars 2004, un envoyé spécial des Nations Unies, Razali Ismail, a pu rencontrer Aung San Suu Kyi. Mais celui-ci a démissionné de son poste l'année suivante en partie parce qu'il s'est vu refuser l'entrée en Birmanie par la suite.
Le 28 septembre 2005, la junte militaire birmane a prolongé de six mois l'assignation à résidence de la chef de l'opposition. Une prolongation prise en vertu de la loi de 1975 de la protection de l'État (Article 10b) visant à « protéger l'État d'éléments destructeurs » qui permet à l'État d'emprisonner quelqu'un pendant cinq ans sans jugement. Le 20 mai 2006, Ibrahim Gambari, un autre envoyé spécial des Nations Unies a pu rencontrer Suu Kyi. C'est la première visite étrangère depuis 2004. 
Le 27 mai 2006, l'assignation à résidence de Aung San Suu Kyi est prolongée d'un an, ce qui provoque l'appel de Kofi Annan, le Secrétaire Général des Nations unies, à Than Shwe, le dirigeant de la junte militaire. Le 9 juin 2006, Suu Kyi est hospitalisée suite à de sévères diarrhées, selon un représentant des Nations unies. La junte militaire nie ces informations. Le 19 juin, Suu Kyi passe son soixante et unième anniversaire en maison d'arrêt. Sa ligne téléphonique est coupée, son courrier filtré et elle n'a pas accès aux soins médicaux qu'elle désire. Des manifestations sont organisées devant les ambassades birmanes. Le 14 mai 2007, un appel est lancé par une cinquantaine d'anciens dirigeants du monde entier pour la libération d'Aung San Suu Kyi.
Le 25 mai 2007, le régime militaire birman a une nouvelle fois prolongé d'un an l'assignation à résidence d'Aung San Suu Kyi. Le 22 septembre 2007, l'opposante birmane consignée à son domicile depuis quatre ans, est exceptionnellement et brièvement sortie en pleurs de sa maison à Rangoon pour saluer des moines bouddhistes qui manifestaient pour la cinquième journée consécutive, contre la junte militaire. Le 24 septembre 2007, Aung San Suu Kyi a été enfermée à la prison d'Insein. L'assignation à résidence expire le dimanche 27 mai 2007, mais est reconduite sans autre forme de procès pour un an, et l'est de nouveau le 27 mai 2008, totalisant ainsi sept ans d'assignation à résidence forcée. 
En mai 2009, Aung San Suu Kyi est accusée de violation aux règles de l'assignation à résidence, et risque cinq ans d'emprisonnement pour ce prétexte qui est clairement destiné à l'écarter des élections prévues en 2010. Elections dont elle sortirait bien évidemment victorieuse car toute la population du pays aspire à plus de liberté. Cette condamnation est unanimement dénoncée par la communauté internationale qui se mobilise pour exiger sa libération. Mais elle est providentielle pour la junte qui écarterait ainsi sa principale rivale.


Source Wikipedia (18.05.2009)


Posté le 19/05/2009 | 171 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Rechercher dans les articles

Vous recherchez ? :


Recommander ce blog | Contacter l'auteur | Reporter un abus | S'abonner au blog Flux RSS du blog | Espace de gestion



Kits-Gratuits.Net | kits graphiques gratuits