Inflorescences

La septième espèce

 

Les Helvètes n'ont pas inventé que la fondue et le chocolat... Ils découvrent également de nouvelles espèces animales sur leur propre territoire !

Cette information qui est parue presque inaperçu a été divulguée le 05 septembre 2009 par Fréderic Rein – www.lematin.ch

 

En préparant sa thèse, Christian Bernasconi, un jeune biologiste tessinois de l’Université de Lausanne, a fait une trouvaille hors du commun. Parti dans le Parc National suisse pour étudier les différentes espèces de fourmis des bois, il en a découvert une septième qui n’avait jamais été répertoriée sur la planète.

 

Daniel Cherix, le conservateur du musée cantonal de zoologie de Lausanne qui a supervisé les recherches de l’étudiant, estime que c’est une découverte exceptionnelle pour la science, d’autant que les fourmis des bois sont les espèces les plus étudiées d’Europe. Les entomologistes les étudient depuis plus d’une centaine d’années. Ce coup de maître s’explique par le fait que cette zone du Parc National n’est exploitée que depuis peu. La découverte de nouvelles espèces d’invertébrés en Europe est extrêmement rare. Généralement elles s’effectuent dans les zones tropicales où l’on comptabilise près de 8000 nouvelles espèces chaque année sur terre ou dans les mers, pour une dizaine de mammifères seulement.

 

Cette nouvelle fourmi ressemble en tous points aux autres espèces de fourmis des bois ; tête brune et joues rousses, thorax roux avec une tache brune et abdomen brun foncé, et seule une analyse ADN a pu déterminer l’originalité de cette espèce. Celle-ci a dû apparaître lors des dernières glaciations à la faveur d’une hybridation entre deux espèces.

 

S’il est impossible de la distinguer de ses cousines, son comportement suggère qu’elle appartienne à la famille des fourmis dites « esclavagistes ». Cette hypothèse se fonde sur le fait qu’elle ramène dans son nid, des cocons d’autres espèces. Les nouvelles nées sont ainsi inféodées à la fourmilière de leurs ravisseuses, et forment une force ouvrière plus imposante. Parfois elles peuvent également servir de nourriture.

 

Le statut de cette fourmi pose plus d’interrogations que de certitudes. Développe-t-elle d’autres comportements singuliers ? Quelle est son influence sur le biotope forestier et sur les autres colonies de fourmis des bois ? Peut-on la trouver ailleurs qu’en Suisse ? Est-elle en danger d’extinction ? Autant de questions qui trouveront certainement des réponses dans les années à venir. Pour l’instant il s’agit de reconnaître officiellement son existence par une publication dans une revue scientifique, et de la baptiser. Si rien n’est encore définitif, il semble que le nom le plus adapté soit Formica Helvetica.



Article ajouté le 2009-10-23 , consulté 21 fois

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