Inflorescences

L'illusion des biocarburants

Bio comme biologique, issu de l'agriculture bio(il)logique.

Agriculture biologique : système de production agricole qui utilise le recyclage des matières organiques, la rotation des culture et la lutte biologique, et exclut l'usage d'engrais et de pesticides de synthèse et d'organismes génétiquement modifiés pour rechercher la qualité, et respecter les écosystèmes naturels.

Jatropha curcas, nom barbare mais scientifique de la pourghère (bagani en Bambara, qui signifie poison), est un arbuste à fleur de la famille des euphorbiacées, originaire du Brésil, dont la graine fournit une huile que l'on utilisait dans l'alimentation du bétail ou en médecine traditionnelle. Aujourd'hui cette huile sert de biocarburant. La plante peut produire jusqu'à 1900 litres de diester par hectare (le rendement est supérieur à celui du colza), est facile à cultiver et, avantage non négligeable, pousse en terre aride. Elle ne requiert ni labourage, ni ensemencement (la durée de vie de l'arbuste est d'une quarantaine d'années), ne nécessite pas l'emploi de pesticides ou autres produits polluants parce qu'elle possède des principes insecticides et fongicides. 

Les applications semblent très prometteuses et nombreuses. Non seulement le carburant extrait de ces graines fait rouler des véhicules qui consommaient du diesel (Mercedes fait circuler trois véhicules tests qui ont déjà parcouru 30 000 km), mais alimente également des pompes à eau, des générateurs et pourvoit un petit village malien en... électricité ! Les tourteaux obtenus après extraction de l'huile végétale, peuvent servir à produire du biogaz (méthane). Quant au méthane il est capable d'alimenter une centrale thermique et produire de l'électricité.

Compte tenu de ses spécificités, la plante n'entre pas en concurrence avec les cultures vivrières indispensables à l'alimentation, est capable de procurer des revenus complémentaires aux petits exploitants et entre dans la lutte contre la désertification. La récente flambée du cours du pétrole a eu un effet désastreux sur les économies des pays pauvres. L'augmentation des produits de base : maïs et sucre cultivés à grande échelle pour alimenter le marché des agrocarburants aux Etats Unis surtout, ne permet plus aux plus démunis d'assurer leur subsistance dans des conditions décentes. Les Mexicains ont vu le prix de la tortilla flamber... L'on affirme que cette plante "miracle" remplacerait avantageusement les cultures de palmiers à huile ou de cannes à sucre, qui naissent de la destruction des dernières forêts primaires.

Jatropha serait-elle une alternative pour remplacer au moins localement les carburants fossiles ? Son exploitation entraînerait moins de pollution dit-on. Voire ! On annonce que le coût de son transport s'en trouverait réduit, mais on ne parle pas de l'énergie dépensée pour la fabriquer... De plus, sa plantation non contrôlée et non règlementée peut entraîner des dérives et la ruine de paysans.

En effet, récemment en Zambie, des investisseurs ont choisi de cultiver Jatropha curcas par l'intermédiaire d'un grand nombre de petits planteurs, à qui ils ont fait signer des contrats sur 30 ans. Ces contrats sensés leur assurer des revenus réguliers, servent en fin de compte à transférer le contrôle de la production du paysan à l'entreprise, par le biais d'un système de prêts, de charges,  et d'autres services que l'exploitant ne peut plus assumer. Pour finir, le prix d'achat de la matière première, imposé par la société qui les manipule, rend les agriculteurs dépendant de leurs usuriers. Ces contraintes augmentent leur endettement de telle manière qu'ils sont finalement contraints de vendre leurs terres... (info du Guardian UK).

Il existe d'autres plantes oléifères cultivables en zones arides qui présentent des perspectives intéressantes : Pongamia pinnata (Karanj), Madhuca longifolia (Mahua), Moringa oleifera (Saijan) ou Cleome viscosa, entre autres. Mais comme Jatropha curcas, leur production d'huile ne peut être utilisée à grande échelle. Pour fournir de l'électricité à un petit village de brousse, il est probable qu'une éolienne suffirait.

Qu'est ce qu'un biocarburant ?

C'est un carburant produit à partir de matériaux organiques renouvelables et non fossiles. Cette production peut s'effectuer selon des techniques différentes : production d'huile, d'alcool par fermentation de sucres, carburants gazeux obtenus à partir de la biomasse végétale ou animale (méthane entre autres), ou carburant solide comme le charbon de bois. Pour citer les biocarburants, on emploie aussi les expressions : "carburants verts" (parce que la tendance est d'appeler "vert" tout ce qui nuit moins à l'environnement) ou "carburant végétal". Il faudrait dire "carburant d'origine végétale" car en fait ils ne protègent pas l'environnement comme on veut nous le laisser croire. Au contraire, certains polluent plus encore que les carburants fossiles. En effet, l'éthanol de maïs par exemple, est gorgé de pesticides et d'engrais. Il demande plus d'énergie a être fabriqué qu'il n'en produit !  

Que pouvons-nous espérer des biocarburants ?

Pas grand chose pour le moment, car les biocarburants sont utilisés comme additifs aux produits pétroliers. Sans ces derniers, ils sont inutilisables sous leur forme actuelle. Les seuls biocarburants utilisables en l'état, sont les huiles obtenues par pression dont le rendement est assez mauvais. Quant à utiliser de l'alcool, celà nécessiterait de remplacer les moteurs de l'ensemble des véhicules ou moyens de transports mécanisés actuellement en service. Il est donc impensable pour l'heure, de voir décoller une fusée Ariane grâce au jus de betterave, ou faire s'envoler un Airbus A380 avec de l'huile de colza !

Oups ! J'ai parlé trop vite !

Une expérience a eu lieu à Reno (Nevada) où les sociétés Green Flight International et Biodiesel Solutions ont réussi à faire voler un jet au carburant végétal, mais à une altitude nettement inférieure à la limite de vol des avions de ligne classique, pour éviter le gel du carburant. Si l'expérience prouve qu'il est possible de faire voler un jet avec du biodiesel, le problème de sa production reste cependant entier.

http://www.aerocontact.com/news/ac_news_art.php?ID=05750

On pourrait éventuellement trouver des applications ponctuelles ou locales en fournissant en huiles végétales, les moteurs des tracteurs et des engins agricoles, et peut être ceux des chalutiers. Les agriculteurs et les pêcheurs sont pris à la gorge par la flambée du prix du brut, et cette solution leur permettrait de respirer. Mais d'autres problèmes importants se présentent : celui de la disponibilité des terres cultivables et celui de l'énergie dépensée pour la fabrication des biocarburants. 

Selon les informations recueillies, notre pays a consommé 95 millions de tonnes de pétrole en 2002, dont 50 millions de tonnes sont allés aux transports. Pour remplacer ce volume de carburant fossile par des biocarburants, il faudrait mobiliser uniquement pour les transports, 3 à 4 fois la surface des terres agricoles actuelles. Cela représente 10 millions d'hectares, soit la superficie de toutes les forêts françaises. Si l'on reporte cette correspondance sur le reste de la planète, on trouve les résultat suivant : à raison d'un rendement d'une tonne par hectare, sachant que la terre dispose de 1400 millions d'hectares de terres arables, l'on obtient un rendement de 1400 millions de tonnes d'équivalent pétrole, alors que la planète en consomme 3500 millions de tonnes !

Donc, en nous privant de nourriture, de chauffage et de toute production de biens, nous pourrions faire circuler à peu près 40% de nos véhicules au biocarburant... Cette hypothèse grotesque n'évoque pas la pollution (CO2 dû au traitement réalisé à l'aide de carburants fossiles, engrais pour obtenir de meilleurs rendements), l'érosion des sols qui constitue un grave problème et l'impact de ces agricultures sur l'environnement.

En conclusion, remplacer totalement le pétrole par des carburants d'origine végétale relève de l'utopie.

Illzach le 03 janvier 2008

-------------------

Un avionneur (Boeing), et quelques compagnies aériennes dont Virgin, se lancent dans des effets d'annonce en promettant pour 2008, des vols commerciaux au "biocarburant" !
C'est une formulation pour le moins inexacte pour ne pas dire mensongère. En effet, comme je le disais plus haut, le carburant 100 % biodiesel n'existe pas et n'est pas prêt d'être mis sur le marché. Il n'entre que 30 % d'esther méthylique d'huile végétale contre 70 % de kérosène dans la composition du carburant consommé par l'avion.
Il serait donc plus juste de parler de "kérosène allégé" (ou light) plutôt que de biocarburant...
http://www.vehiculespropres.net/Actualite/DuBiocarburantDansLesMoteursDavionSAFRAN.html  

Un grave problème est en train d'émerger dans les pays pauvres : la famine !
En effet, enivrés par la manne financière qu'ils peuvent récolter en cultivant des plantes oléagineuses, les exploitants agricoles délaissent les cultures traditionnelles, et revendent leur production de céréales engraissées aux pesticides aux pays "riches", dont les Etats Unis. Les cultures de blé et de maïs sont en régression, et les prix s'envolent !
 
 
"Le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l'alimentation, le Suisse Jean Ziegler, qui avait abordé cette problématique de l' effet d'éviction des biocarburants lors de la Journée mondiale de l'alimentation le 16 octobre dernier, la qualifiant, quelques jours plus tard, à l'ONU à New York, de rien moins que de « crime contre l'humanité », vient de se faire rappeler à l'ordre par… la FAO !

Pour Jean Ziegler, le fait que les pays riches calment leur conscience environnementale, et que les sociétés multinationales réalisent des profits juteux, en remplissant les réservoirs de leurs voitures au détriment de l'agriculture vivrière dans les pays pauvres revient à se donner faussement bonne conscience. « Alors qu'un enfant de moins de dix ans meurt dans le monde toutes les cinq secondes à cause de la faim ou des maladies qui y sont liées (…), dit-il, consacrer des terres agricoles fertiles à la production de denrées alimentaires qui seront ensuite brûlées pour fabriquer du biocarburant constitue un crime contre l'humanité. » Selon Ziegler, «  cette ruée soudaine vers la transformation des aliments de base des paysans pauvres (…) en carburant est la recette pour un désastre ». D'autant plus que ces réallocations de terre feront exploser les prix des denrées alimentaires touchant d'abord les pauvres, estime le rapporteur spécial, qui réclame un « moratoire de cinq ans sur la production des biocarburants  ».La nécessité de prendre le problème dans sa globalité devient d'autant plus urgente que la Commission européenne compte obliger les pays membres à utiliser, dès 2020, au moins 10 % de ces biocarburants pour leurs transports. L'explosion de la demande qu'une telle mesure va provoquer a fait réagir l'ONG de l'aide et du développement, Oxfam. Selon Robert Bailey, responsable du dossier, « dans cette ruée pour fournir les pays riches en biocarburants , les pauvres vont être écrasés. Il est inadmissible que les paysans des pays en développement paient les efforts de l'Europe pour réduire ses émissions ».

Le problème pourrait prendre des proportions gigantesques : des études indiquent que d'ici vingt ans, 5,6 millions de kilomètres carrés de terres (dix fois la taille de la France) seront consacrés à la production de biocarburants dans des pays comme le Brésil, l'Inde, l'Afrique du Sud ou l'Indonésie. Et l'ONU admet dans ses scénarios qu'en l' état au moins 60 millions de paysans seront évincés de leurs terres dans ces pays en faveur de la production pour les biocarburants ."

(Issu de l'Humanité du 08.11.2007)

Selon le rapporteur de l'ONU qui demande un moratoire international sur la production de biocarburants, 232 kg de maïs peuvent produire 50 litres d'éthanol, alors que la même quantité suffit à nourrir un enfant pendant un an ! Cherchez l'erreur !

La FAO (Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture) a déjà sous évalué le danger de la déforestation, lorsque l'un de ses représentants en Indonésie affirmait péremptoirement et stupidement, qu'une plantation de palmiers à huile bien gérée pouvait remplacer une forêt primaire... A croire que cette instance est vendue aux fabricants de carburants ! 

L'une des solutions pourrait-elle venir de la mer et de la transformation des algues vertes unicellulaires ? En usage local uniquement alors, car autant il est impensable d'utiliser toutes les terres agricoles de la planète pour produire des "biocarburants", autant il est inconcevable d'implanter des étangs tout le long des littoraux. 

http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1477.php

En attendant signez la demande de moratoire ci-dessous, issu du site

http://www.kokopelli.asso.fr/

Agro-carburants, biocarburants, carburants verts, biodiesels, autant d'appelations trompeuses pour des conséquences désastreuses.

http://www.moratoire-agro-carburants.com/

Illzach le 31 janvier 2008

---------------

Airbus a testé un A380 volant (presque) au gaz naturel !

La société Airbus Industries a abandonné l'idée de voler aux agro-carburants, intenables à grande échelle ! Mais ne nous emballons pas. Le gaz naturel reste encore et toujours un carburant fossile non renouvelable...

http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/astronautique/d/un-airbus-a380-vole-presque-au-gaz-naturel_14452/

Illzach le 02 février 2008

-------------------

L'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement économiques) et son rapport qui dérange. En effet, selon l'étude menée, les biocarburants ne contribueraient au mieux qu'à hauteur de 3% à la réduction des émissions de CO2, pour un coût prohibitif de 360 € par tonne de CO2 économisée ! Une véritable hérésie économique et écologique.

http://www.planete-mag.fr/Biocarburants-OCDE,-le-rapport-qui-derange_a269.html

Mais rassurez-vous bonnes gens, les politiques veillent au "grain" ! 

Illzach le 21 février 2008

----------------------------

L'ONU commence à s'inquiéter à propos de l'accroissement de la production de biocarburants. La directrice du Programme Alimentaire Mondial signale qu'en Afrique, le prix de l'huile de palme atteint celui des carburants fossiles...

Le prix de l'alimentation a augmenté de plus de % depuis juin 2007. Si la hausse se poursuit, et il n'y a aucune raison qu'elle fléchisse, les plus pauvres subiront de plein fouet cette envolée des prix. Ils ne pourront plus acheter de quoi manger...

Les pays occidentaux se donnent bonne conscience en intégrant les carburants verts dans leur consommation énergétique afin de réduire l'effet de serre, mais ne peuvent maîtriser les effets néfastes induit par la hausse du prix des céréales nécessaires à la fabrication des biocarburants.

http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/developpement-durable-1/d/vives-inquietudes-de-lonu-au-sujet-des-biocarburants_14914/

Illzach, le 13 mars 2008

------------------------

Si les politiques sont assez stupides pour promouvoir les "biocarburants" , dont le "bioéthanol", les générations futures pourront les poursuivre en justice pour mise en danger de la vie d'autrui. Mais il sera trop tard !

En effet, pas un seul citoyen responsable, conscient des méfaits de la culture de céréales pour produire du carburant, ne pourraient tolérer que pour fabriquer un seul litre de bioéthanol, il faille dilapider de 3500 à 5000 litres d'eau !

C'est inique et parfaitement criminel lorsque l'on sait que l'eau deviendra un enjeu majeur pour  la survie des populations dans les décennies à venir !

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bio%C3%A9thanol

Pour des raisons probablement plus mercantiles qu'éthiques, le patron d'une grande multinationale de l'agro-alimentaire (Nestlé) s'insurge contre ces pratiques débiles, qui risquent de mener la population mondiale à la famine.

---

En République démocratique du Congo, les dernières forêts que les guerres qui sévissent depuis l'indépendance de ce pays, ont miraculeusement épargné, sont  la proie des spéculateurs.

En octobre 2007, une entreprise chinoise a signé un contrat d'un milliard de dollars pour établir plus de 3 millions d'hectares de plantations de palmiers à huile dans le but de fabriquer des agrocarburants !

L'on abat les arbres, on vend le bois et on plante des palmiers ! L'on éradique la faune et la flore, l'on spolie et l'on menace de famine les peuples qui dépendent de la forêt ! Mais c'est tellement juteux !

http://www.ruoso-grundmann.com/breve.php3?id_breve=37

-----

Lisez l'article d'Eric Holtz Gimenez, c'est sans appel.

http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/HOLTZ_GIMENEZ/14846

Illzach le 31 mars 2008

------

L'Humanité ne pourra échapper à la Faim du Monde...

Une information supplémentaire confirmant que les agro-carburants et la spéculation sur les produits céréaliers, sont une chimère qui va tuer des centaines de milliers de personnes, voire des millions de personnes, devenues incapables de subvenir à leurs besoins alimentaires les plus essentiels !

http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/developpement-durable-1/d/agrocarburants-pas-si-verts-que-cela_15133/

Si les gouvernements occidentaux ne font pas marche arrière avec leurs ambitions pseudo écologiques, nous sommes en droit de nous opposer à leurs délires.

Signez la demande de moratoire sur les agrocarburants.

Voir plus haut

Illzach le 13 avril 2008

-------------

Après la betterave, la canne à sucre et l'huile de palme, on passe aux algues pour produire du carburant capable de faire voler des avions !

En cuve ou en bassins, l'idée est inepte car elle nécessite une surface de terrain telle qu'il est impensable de fabriquer de "l'algo-carburant" pour toutes les flottes aéronautiques de la planète.

http://objectifterre.over-blog.org/article-14588662.html

Vous remarquerez la discrétion de l'usine...

http://www.econologie.com/mobile/ar-3387.html

Pour satisfaire les Etats Unis en biocarburants, 20 000 km2 de panneaux d'algues seraient nécessaires. Cette étendue représente pratiquement la superficie de la Picardie !

 Je pense qu'il est difficile de réaliser que l'équivalent de plusieurs départements soient défigurés de la sorte, sachant que cette place serait bien évidemment perdue pour l'agriculture alimentaire...

Illzach le 12 juin 2008



Article ajouté le 2008-01-02 , consulté 1053 fois

Commentaires



Liens

Voir les articles de la catégorie " Environnement "

Retour aux articles

Recommander ce blog | Contacter l'auteur | Reporter un abus | S'abonner au blog Flux RSS du blog | Espace de gestion



Kits-Gratuits.Net | kits graphiques gratuits