Inflorescences

La Pierre de Lumière 1

                                                Avis au lecteur

 

  

    La traduction littérale d'Eeh-nis-kin est : la Pierre de Lumière, qui désigne le cristal de roche ou quartz.  Eeh étant une contraction de Eeha et une variante de Inyan qui signifie "pierre" en lakota. Lorsque j'ai décidé que l'héroïne que je destinais à devenir Femme Médecine ou Femme Mystère s'appellerait ainsi,  j'ignorais encore l'interprétation que fait le symbolisme du quartz. La Pierre de Lumière est l'objet chamanique par excellence. Elle est donnée pour procurer la clairvoyance, la sagesse et... la faculté de  voler !

    J'ignore si le choix de ce nom m'a été inspiré, mais c'est avec cette conviction que je me lançai dans la rédaction des nouvelles que vous allez découvrir. Eeh-nis-kin, du moins celle qui évolue dans ce recueil,  n'a jamais existé que dans mon imagination. Le présent ouvrage est donc une fiction. Cependant, il me parait nécessaire d'attirer l'attention du lecteur sur quelques points essentiels.

 

    L'immunité au feu dont je fais état, est une réalité historique avérée, dont la marche sur les braises n'est qu'une des nombreuses variantes. Cette insensibilité est aussi ancienne que l'humanité, et était principalement l'apanage des chamans. Aussi, même si cette faculté semble incroyable, elle est pourtant  parfaitement authentique.

 

    Les coutumes décrites dans ce roman étaient en usage chez les Indiens lorsque les Faces Pâles s'établirent en Amérique. L'histoire d'Eeh-nis-kin débute dans le second quart du XVI e siècle au Wyoming,  sur les bords de la Rivière du Vent (Wind River), avant la domestication du cheval qui était encore inconnu.

A cette époque, les tribus étaient sédentaires ou semi-nomades. Elles ne migraient que lorsqu'elles y étaient contraintes par l'arrivée d'un clan belliqueux plus fort qui convoitait leurs territoires de chasse. Il  est à supposer que les mœurs présentaient de grandes similitudes avec celles qui ont été rapportées par les envahisseurs européens.

 

    Certaines phrases ou locutions en "siouan" utilisé dans les textes sont susceptibles de comporter des  erreurs de syntaxes qu'il me semble honnête de revendiquer. Par souci de simplification, j'ai fait s'exprimer les Shoshones dans la langue lakota des Sioux Tétons.

 

    Peut être la lecture de l'une ou l'autre des chroniques vous paraîtra-t-elle ardue car j'utilise fréquemment  des termes imagés pour désigner les plantes, les animaux ou les hommes. Ce fait est volontaire, car d'évidence, les Indiens désignaient les choses qui les entouraient par références à des caractéristiques morphologiques ou comportementales.

    Cette affirmation apparaît dans la traduction des deux exemples suivants :

-   Mi-neek-e-sunk-teca (mère d'Eeh-nis-kin) signifie "vison" (femelle). Le nom se compose de Mi-neek-e  qui est une variante de Minne ou Mni qui est "l'eau" et de Sunk-teca, soit "chien petit /jeune". Littéralement  le nom désigne "le Petit Chien d'Eau".

    Il est à souligner que ce mustélidé nocturne est très à l'aise dans l'élément liquide. Son territoire de prédilection est les berges boisées des rivières. L'on peut donc raisonnablement en déduire que la mère  de la jeune femme, qui s'était isolée en bordure de Rivière pour accoucher, a choisi ce nom parce que la  naissance de l'enfant a coïncidé avec l'apparition d'un vison.

-    Eeh-nis-kin est composé de Eeh "pierre", de ni's (variante de ni) "souffle / vie / lumière, et de kin (article  défini) "le, la ou les", et se traduit par "la Pierre de Lumière / Vie".

 

    Ainsi, j'ai tenté tout au long de mes textes, de raisonner comme les Etres Humains, en respectant l'esprit que je pense avoir été le leur. Que leurs descendants me pardonnent si je devais être dans l'erreur. Mais  je suis persuadé que leur jugement ne me sera pas défavorable. Pour l'heure, je vous invite à partir à la  découverte d'un monde différent de celui des "westerns" dont nous avons été gavés depuis notre enfance.  Que Wa-Kan Tanka fasse en sorte que le soleil brille votre cœur !

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                                   Oma-ni-ya-han-ske... (Il est dit...)

 

    Il est dit, il n'existait pas d'état indien mais une infinité de tribus qui n'aspiraient qu'à vivre en harmonie sur la terre que leur avait octroyé l'Esprit de Toutes Choses.

 

    Il est dit, les Deux Jambes qu'a créé le Père d'En Haut respectaient la Terre Mère, et nul d'entre eux ne se serait avisé de la souiller ou de la meurtrir.

 

    Il est dit, ces hommes ignoraient le péché tel que nous le concevons. Leurs actes étaient dictés par la  nécessité de survie. Ils étaient de ceux qui savaient que leur liberté dépendait du respect qu'ils portaient  aux choses.

 

    Il est dit, la seule forme de mal qu'ils appréhendaient, était le non-respect de la parole donnée. Ce profond sens de l'honneur pouvait aller jusqu'au sacrifice suprême. La couardise était blâmable et honteuse. Le mensonge et la cupidité étaient des notions inconnues.

 

    Il est dit, le vol et la guerre étaient parfois pratiqués par pur esprit de compétition. La colère était inconcevable car elle enlaidissait l'âme.

 

    Il est dit, les lois étaient orales car il n'existait aucune forme d'écriture. Mais ces lois étaient bonnes car elles répondaient au vœu du Grand Mystère. Il était des Choses Sacrées.

 

    Il est dit, cette situation aurait pu durer si, sur un territoire au-delà de la Grande Eau, là où Anpetu Wi apparaît chaque matin, d'autres créatures à deux jambes mais à la peau blanche, n'avaient décidé de partir à la conquête du monde.

 

    Il est dit, le vent m'a murmuré la dernière parole de Femme Bisonne Blanche qui a initié les Enfants Rouges. Elle affirmait : "To ksha ake wacin yanktin ktelo". (Je reviendrais vous voir.)

 

    Ceci puisse être ma contribution, modeste, à la découverte de ce que furent les Fils Rouges du Soleil.

LIVRE 1

La Fille du Peuple Serpent

Nous, Etres A Deux Jambes, partageons la vie avec les Quatre Jambes de la Terre, les Ailes de l’Air et avec toutes les Choses Vertes, car tous les êtres sont les enfants d’une seule Mère, et leur Père est un seul Esprit.

 

Hehaka Sapa (Elan Noir) - Saint Homme et Chaman Sioux Oglala (1863 - 1950)

Une Petite Pierre de Lumière 1

(Episodes 1 à 4)

 



Article ajouté le 2008-03-21 , consulté 269 fois

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